émail & émaux à travers le temps

Ecrit par Sélénium le 17 novembre 2008 – 14:36 -

Les Egyptiens furent, paraît-il, les premiers à connaître les procédés de l’émaillerie, ils les auraient utilisés pour fabriquer leurs statuettes, leurs figurines et leurs amulettes serties d’ivoire, de pierres et de bronze.

Mais c’est à Byzance que l’émail fit réellement son apparition. En effet, l’émail était fondu sur du métal précieux dont les cloisonnés restaient de très faibles dimensions. D’ailleurs, un nombre considérable d’émaux byzantins sont toujours conservés dans les églises et les musées.

Ce n’est qu’au cours du dernier siècle avant Jésus-Christ que l’émail connaît un essor important en Occident. Cet artisanat d’art est employé dans l’ornement de nombreux bijoux. Mais c’est à partir de la fin du XVe siècle, que le centre de production le plus réputé devient Limoges. Ceci grâce à  la technique des émaux peints.

Les premiers objets étant rattachés à Limoges sont des châsses comme celle de St Etienne ou celle de St Martial, premier évêque de Limoges. C’est alors l’âge d’or des ateliers limousins : les œuvres sont exportées dans différents pays d’Europe comme l’Espagne ou l’Italie. L’émail se fait, principalement, sur du cuivre car son coût est beaucoup plus abordable que celui des métaux précieux comme l’or ou l’argent : les églises peuvent ainsi acquérir leurs objets liturgiques.

C’est au milieu du XIIIe siècle, que l’œuvre de Limoges continua d’évoluer mais la production fut de moins en moins abondante. Lorsqu’en 1370, le Prince Noir mit Limoges à sac, les ateliers disparurent.

Aprés deux siècles de décadence, l’émail connu un nouvel essort vers la fin du XIXe et au début du XXe siècle.


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C’est quoi l’émail ?

Ecrit par Sélénium le 14 novembre 2008 – 14:58 -

L’émail est un mélange de silice, de minium, de potasse et de soude. On obtient, par une fusion à haute température de ces différents composants et après broyage, une poudre incolore, appelée « fondant », qui par sa nature, s’apparente davantage au cristal qu’au verre.

On colore ce « fondant »par addition d’oxydes métalliques. Ce mélange sera ensuite déposé sur un support en métal comme l’or, l’argent, le bronze, le cuivre ou l’acier. L’art de l’émailleur consiste à fixer la poudre d’émail sur son support métallique par de courtes cuissons successives de l’ordre de 800 degrés. Après refroidissement, on obtient une finition mate ou brillante, transparente ou opaque, colorée ou non.

En tant que matière il est une superposition de fritte de verre, de borax et d’oxyde de couleur tel que :
• le sélénium pour le jaune
• l’uranium pour l’orange vif
• le fer pour le noir, le bleu et le brun
• le chrome pour le rose et le vert
• le cuivre pour le bleu, le vert et le rouge
• le cobalt pour le bleu profond et le vert
• le manganèse pour le mauve
• l’or métallique pour le rouge soutenu

L’émail champlevé (de : lever le champ)
Selon la conception du décor, des cavités sont réalisées dans l’épaisseur du métal à l’aide de burins et d’échoppes. L’émail en poudre humide est déposé dans des creux et subit les cuissons nécessaires. Des ponçages de plus en plus fins éliminent dans un premier temps l’émail excédentaire puis redonne à la pièce le poli nécessaire. La couleur est cernée par les réserves de métal que l’outil a épargnées, d’où le nom de « taille d’épargne » qui s’applique également à cette technique. Une dorure par électrolyse donne à la pièce son aspect définitif et la rend inaltérable.
Une variante de cette méthode, appelée pseudo-champlevé, peut être utilisée. Deux plaques de métal, sont fixées l’une contre l’autre. Préalablement, l’une d’entre elles est percée et ajoutée selon les exigences du dessin, l’autre servant de fond. Tous les éléments colorés du décor sont logés dans des cavités selon la technique « champlevé » classique.

L’émail cloisonné
On fixe par soudure de fines cloisons d’or, d’argent ou de cuivre sur le support de métal, créant ainsi un réseau de parois, qui maintiennent l’émail de façon très précise à la place souhaitée. L’émaillage et la finition  sont de même nature que dans la technique du champlevé.

L’émail peint
La plaque est recouverte de fondant sur ses deux faces et subit une première cuisson. L’envers est ainsi protégé des attaques du temps et l’endroit préparé pour recevoir le décor. Ce dernier s’obtient par la superposition de nombreuses couches d’émail coloré, déposé à la spatule, qu’un nombre identique de cuissons fixera.
Des couleurs vitrifiables, broyées suffisamment fines pour être maniées au pinceau, permettent de rehausser certains détails. De même, de minces feuilles d’or ou d’argent appelées « paillons », noyées dans l’émail, confèrent à la couleur un éclat particulier.

La grisaille
Dérivée de l’émail peint, elle consiste à superposer un émail blanc sur un fond noir. Par grattage à l’aide d’outils extrêmement fins, l’artiste obtient une gamme très étendue de gris qui conviennent admirablement à l’art du portrait.

L’émail de basse-taille
La plaque support est ouvragée de gravure, martelage, ciselage, ou tout autre procédé similaire. Des émaux translucides sont cuits sur le support ainsi préparé et permettent de mystérieux et chatoyants jeux de transparence.

Emaux de plique à jour
La plaque est percée de part en part à l’endroit des surfaces colorées. L’émail est logé dans ces ouvertures et demeure, après cuisson, apparent sur l’endroit et l’envers de la plaque. L’effet est comparable à celui du vitrail, mais sur des formats beaucoup plus réduits cependant.

Emaux en relief (technique Camille Fauré)

Cette  technique permet  d’obtenir  une  sorte de  sculpture !… L’émail est posé en épaisseur  et modelé à la spatule en suivant le tracé du dessin. Cette étape est vraiment difficile à maîtriser. Celle-ci nécessite une grande expérience et une grande  compétence de l’émailleur. En effet la moindre erreur peut être fatale lors du passage au four.


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