N°1. Nettoyage de la surface du vase

Le cuivre est utilisé comme base de fabrication car il possède le même coefficient de dilatation que l’émail. Son épaisseur doit être de 8 dixièmes (0,8mm) afin d’éviter les distorsions du métal qui est soumis aux chocs thermiques lors des nombreuses cuissons.

N°2. Première couche d’émail

Le vase en cuivre est recouvert intérieurment et extérieurment avec une couche d’émail transparent appelé “Fondant”. Il subit ensuite une premier traitement thermique à 850 °C.

N°3. Deuxième couche d’émail et cuisson

La deuxième couche agit à la fois comme une protection contre la corrosion, et également comme une base sur laquelle le décor sera exécuté.

N°4. La feuille d’argent

La feuille d’argent est déposée sur la surface de l’émail afin de recouvrir entièrement la pièce qui va subir une autre cuisson pour permettre l’adhérence de la feuille.
Le “paillon” d’argent servant de réflecteur, donne au vase une profondeur et une grande luminosité.

N°5. Pose d’une fine couche d’émail pour argent

La  pièce est recouverte d’une fine couche d’émail pour argent puis passée au four jusqu’à ce que l’émail se vitrifie et adhère à la feuille d’argent. Le vase est désormais prêt à recevoir le décor.

N°6. Le dessin

Dans cette étape, la conception du dessin va prendre une place essentielle. Il est  important de créer un motif précis et harmonieux qui va signer son esthétique en couvrant parfaitement sa forme. Le motif central du dessin peut être dupliqué en deux!…en quatre!… Il suffit de poser le fond du vase sur un dessin préalablement divisé puis on trace les lignes sur la surface du vase, cela permet d’avoir des points de repère pendant le travail et surtout d’obtenir une construction très précise.

N°7. Le transfert du dessin

Après avoir transféré le dessin et divisé la surface du vase en sections régulières. Le modèle est peint directement sur le vase avec une peinture vitrifiable. Le trait doit être très fin, il s’agit d’une mise en place, cela prend environ 12 heures pour le tracer.

N°8. Les poudres d’émail

L’émail est un mélange de silice, de minium, de potasse et de soude. Par fusion à  haute température de ces  différents composants, on obtient, après broyage, une poudre incolore appelée ” fondant” qui s’apparente davantage au cristal qu’au verre. La coloration du fondant s’obtient par addition d’oxydes métalliques :

• le sélénium pour le jaune
• le fer pour le noir, le bleu et le brun
• le chrome pour le rose et le vert
• le cuivre pour le bleu, le vert et le rouge
• le cobalt pour le bleu profond et le vert
• le manganèse pour le mauve
• l’or métallique pour le rouge soutenu

N°9. L’émaillage 

Le décor s’obtient par la superposition de nombreuses couches d’émail coloré, déposées à la spatule, qu’un nombre  identique  de  cuissons  fixera. En effet, les couleurs rouge et rose ne sont jamais déposées directement sur le paillon d’argent afin d’éviter une oxydation du métal, ce qui nécessite de faire un deuxième émaillage (6 h pour chaque émaillage).
Dans cette étape, toute la surface du vase doit être émaillée en même temps . L’émail est travaillé humide car il ne faut pas qu’il sèche avant que la surface entière soit recouverte, il risque de tomber pendant la cuisson.  Afin de tenir et de tourner la pièce sans la toucher, on utilise un bâton en bois qui traverse le vase.

N°10. La seconde couche de couleur

Le feu est un catalyseur qui transforme la poudre d’émail en une matière vitreuse. Chaque passage au four doit être précis dans le contrôle des températures et par rapport à la duré de la cuisson du vase. L’émail commence à se vitrifier à 650°.

N°11. La cuisson

Dans ce processus de fabrication, il y a environ 15 à 20 cuissons.

N°12. Le travail en relief

Cette technique permet d’obtenir une sorte de sculpture. L’émail est posé en épaisseur puis modelé à la spatule en suivant le tracé du dessin. Cette étape est vraiment difficile à maîtriser, elle nécessite une grande  expérience et une grande compétence de l’émailleur. En effet la moindre erreur peut être fatale lors du passage au four.

N°13. La dernière cuisson

Le dernier émaillage se fait en relief avec de l’émail blanc “opale”, par superposition de ces couches on obtient différentes  nuances, les rainures sont creusées avec le bord de la spatule. Chaque cuisson doit être faite en alternant la position du vase sur son support, de bas en haut et de haut en bas afin de pouvoir contrôler l’affaissement de la matière.

N°14. La pièce terminée

Après une période de “gestation” de 3 semaines, dont 45 h de travail, 15 à 20 passages au four à 850°C. L’œuvre dans laquelle l’émailleur a mis tout son talent , son savoir-faire et toute son exigence, est créée.
Quoi qu’il en soit, le mystérieux héritage transmis par les ” Maîtres ” permet d’approcher avec humilité toutes les alchimies de la matière.