émail : fabrication d’un vase

Ecrit par Sélénium le 20 novembre 2008 – 8:36 -

N°1. Nettoyage de la surface du vase

 Le cuivre est utilisé comme base de fabrication car il possède le même coefficient de dilatation que l’émail. Son épaisseur doit être de 8 dixièmes (0,8mm) afin d’éviter les distorsions du métal qui est soumis aux chocs thermiques lors des nombreuses cuissons.

 

N°2. Première couche d’émail

Le vase en cuivre est recouvert intérieurment et extérieurment avec une couche d’émail transparent appelé “Fondant”. Il subit ensuite une premier traitement thermique à 850 °C.
 

N°3. Deuxième couche d’émail et cuisson

 La deuxième couche agit à la fois comme une protection contre la corrosion, et également comme une base sur laquelle le décor sera exécuté.

 

 N°4. La feuille d’argent

La feuille d’argent est déposée sur la surface de l’émail afin de recouvrir entièrement la pièce qui va subir une autre cuisson pour permettre l’adhérence de la feuille.
Le “paillon” d’argent servant de réflecteur, donne au vase une profondeur et une grande luminosité.

 

N°5. Pose d’une fine couche d’émail pour argent

La  pièce est recouverte d’une fine couche d’émail pour argent puis passée au four jusqu’à ce que l’émail se vitrifie et adhère à la feuille d’argent. Le vase est désormais prêt à recevoir le décor.

 

N°6. Le dessin

Dans cette étape, la conception du dessin va prendre une place essentielle. Il est  important de créer un motif précis et harmonieux qui va signer son esthétique en couvrant parfaitement sa forme. Le motif central du dessin peut être dupliqué en deux!…en quatre!… Il suffit de poser le fond du vase sur un dessin préalablement divisé puis on trace les lignes sur la surface du vase, cela permet d’avoir des points de repère pendant le travail et surtout d’obtenir une construction très précise.

 

N°7. Le transfert du dessin

Après avoir transféré le dessin et divisé la surface du vase en sections régulières. Le modèle est peint directement sur le vase avec une peinture vitrifiable. Le trait doit être très fin, il s’agit d’une mise en place, cela prend environ 12 heures pour le tracer.

 

N°8. Les poudres d’émail

L’émail est un mélange de silice, de minium, de potasse et de soude. Par fusion à  haute température de ces  différents composants, on obtient, après broyage, une poudre incolore appelée ” fondant” qui s’apparente davantage au cristal qu’au verre. La coloration du fondant s’obtient par addition d’oxydes métalliques : 

• le sélénium pour le jaune
• le fer pour le noir, le bleu et le brun
• le chrome pour le rose et le vert
• le cuivre pour le bleu, le vert et le rouge
• le cobalt pour le bleu profond et le vert
• le manganèse pour le mauve
• l’or métallique pour le rouge soutenu

 

 N°9. L’émaillage

 

Le décor s’obtient par la superposition de nombreuses couches d’émail coloré, déposées à la spatule, qu’un nombre  identique  de  cuissons  fixera. En effet, les couleurs rouge et rose ne sont jamais déposées directement sur le paillon d’argent afin d’éviter une oxydation du métal, ce qui nécessite de faire un deuxième émaillage (6 h pour chaque émaillage).
Dans cette étape, toute la surface du vase doit être émaillée en même temps . L’émail est travaillé humide car il ne faut pas qu’il sèche avant que la surface entière soit recouverte, il risque de tomber pendant la cuisson.  Afin de tenir et de tourner la pièce sans la toucher, on utilise un bâton en bois qui traverse le vase.

 

N°10. La seconde couche de couleur

Le feu est un catalyseur qui transforme la poudre d’émail en une matière vitreuse. Chaque passage au four doit être précis dans le contrôle des températures et par rapport à la duré de la cuisson du vase. L’émail commence à se vitrifier à 650°.

 

N°11. La cuisson

Dans ce processus de fabrication, il y a environ 15 à 20 cuissons.

 

N°12. Le travail en relief

 

Cette technique permet d’obtenir une sorte de sculpture. L’émail est posé en épaisseur puis modelé à la spatule en suivant le tracé du dessin. Cette étape est vraiment difficile à maîtriser, elle nécessite une grande  expérience et une grande compétence de l’émailleur. En effet la moindre erreur peut être fatale lors du passage au four.

 

N°13. La dernière cuisson

Le dernier émaillage se fait en relief avec de l’émail blanc “opale”, par superposition de ces couches on obtient différentes  nuances, les rainures sont creusées avec le bord de la spatule. Chaque cuisson doit être faite en alternant la position du vase sur son support, de bas en haut et de haut en bas afin de pouvoir contrôler l’affaissement de la matière.

 

N°14. La pièce terminée

Après une période de “gestation” de 3 semaines, dont 45 h de travail, 15 à 20 passages au four à 850°C. L’œuvre dans laquelle l’émailleur a mis tout son talent , son savoir-faire et toute son exigence, est créée.
Quoi qu’il en soit, le mystérieux héritage transmis par les ” Maîtres ” permet d’approcher avec humilité toutes les alchimies de la matière.

Voila !! Vous pouvez visualiser des créations de Mauricette Pinoteau sur le Galerie Emoluxe.


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C’est quoi l’émail ?

Ecrit par Sélénium le 14 novembre 2008 – 14:58 -

L’émail est un mélange de silice, de minium, de potasse et de soude. On obtient, par une fusion à haute température de ces différents composants et après broyage, une poudre incolore, appelée « fondant », qui par sa nature, s’apparente davantage au cristal qu’au verre.

On colore ce « fondant »par addition d’oxydes métalliques. Ce mélange sera ensuite déposé sur un support en métal comme l’or, l’argent, le bronze, le cuivre ou l’acier. L’art de l’émailleur consiste à fixer la poudre d’émail sur son support métallique par de courtes cuissons successives de l’ordre de 800 degrés. Après refroidissement, on obtient une finition mate ou brillante, transparente ou opaque, colorée ou non.

En tant que matière il est une superposition de fritte de verre, de borax et d’oxyde de couleur tel que :
• le sélénium pour le jaune
• l’uranium pour l’orange vif
• le fer pour le noir, le bleu et le brun
• le chrome pour le rose et le vert
• le cuivre pour le bleu, le vert et le rouge
• le cobalt pour le bleu profond et le vert
• le manganèse pour le mauve
• l’or métallique pour le rouge soutenu

L’émail champlevé (de : lever le champ)
Selon la conception du décor, des cavités sont réalisées dans l’épaisseur du métal à l’aide de burins et d’échoppes. L’émail en poudre humide est déposé dans des creux et subit les cuissons nécessaires. Des ponçages de plus en plus fins éliminent dans un premier temps l’émail excédentaire puis redonne à la pièce le poli nécessaire. La couleur est cernée par les réserves de métal que l’outil a épargnées, d’où le nom de « taille d’épargne » qui s’applique également à cette technique. Une dorure par électrolyse donne à la pièce son aspect définitif et la rend inaltérable.
Une variante de cette méthode, appelée pseudo-champlevé, peut être utilisée. Deux plaques de métal, sont fixées l’une contre l’autre. Préalablement, l’une d’entre elles est percée et ajoutée selon les exigences du dessin, l’autre servant de fond. Tous les éléments colorés du décor sont logés dans des cavités selon la technique « champlevé » classique.

L’émail cloisonné
On fixe par soudure de fines cloisons d’or, d’argent ou de cuivre sur le support de métal, créant ainsi un réseau de parois, qui maintiennent l’émail de façon très précise à la place souhaitée. L’émaillage et la finition  sont de même nature que dans la technique du champlevé.

L’émail peint
La plaque est recouverte de fondant sur ses deux faces et subit une première cuisson. L’envers est ainsi protégé des attaques du temps et l’endroit préparé pour recevoir le décor. Ce dernier s’obtient par la superposition de nombreuses couches d’émail coloré, déposé à la spatule, qu’un nombre identique de cuissons fixera.
Des couleurs vitrifiables, broyées suffisamment fines pour être maniées au pinceau, permettent de rehausser certains détails. De même, de minces feuilles d’or ou d’argent appelées « paillons », noyées dans l’émail, confèrent à la couleur un éclat particulier.

La grisaille
Dérivée de l’émail peint, elle consiste à superposer un émail blanc sur un fond noir. Par grattage à l’aide d’outils extrêmement fins, l’artiste obtient une gamme très étendue de gris qui conviennent admirablement à l’art du portrait.

L’émail de basse-taille
La plaque support est ouvragée de gravure, martelage, ciselage, ou tout autre procédé similaire. Des émaux translucides sont cuits sur le support ainsi préparé et permettent de mystérieux et chatoyants jeux de transparence.

Emaux de plique à jour
La plaque est percée de part en part à l’endroit des surfaces colorées. L’émail est logé dans ces ouvertures et demeure, après cuisson, apparent sur l’endroit et l’envers de la plaque. L’effet est comparable à celui du vitrail, mais sur des formats beaucoup plus réduits cependant.

Emaux en relief (technique Camille Fauré)

Cette  technique permet  d’obtenir  une  sorte de  sculpture !… L’émail est posé en épaisseur  et modelé à la spatule en suivant le tracé du dessin. Cette étape est vraiment difficile à maîtriser. Celle-ci nécessite une grande expérience et une grande  compétence de l’émailleur. En effet la moindre erreur peut être fatale lors du passage au four.


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